Des chercheurs australiens sur le point de faire revivre une espèce disparue

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Gre'news du 20.03.2013

L'histoire commence il y a 40 ans, lorsque des scientifiques décident de conserver au congélateur des tissus d'un genre de grenouille autralienne bien particulière, des grenouilles du genre Rheobatrachus. Elles viennent alors tout juste d'être découvertes.

Peu de temps a été laissé aux scientifiques pour décrire ce genre, puisqu'en en 1983, le dernier spécimen en captivité meurt, et on considère depuis que les deux espèces du genre sont éteintes.

Il s'agissait de petites grenouilles endémiques de l'est de l'Australie, se trouvant en zone de forêts humides ou bords de cours d'eau. Principalement aquatiques, elles n'avaient d'ailleurs jamais été observées à plus de 4 m d'un cours d'eau.

La particularité de ces grenouilles se lit dans leurs noms communs : les grenouilles à gestation gastrique.

Chez ces grenouilles, la fécondation était extérieure, avant que la femelle avale les oeufs. Une substance entourant les oeufs permettait à l'acide de l'estomac de devenir inactif. Lorsque les oeufs donnaient naissance à des têtards, ceux-ci sécrétaient à leur tour cette substance.  Les oeufs, puis les tétards réalisaient donc leur croissance dans l'estomac de la mère. Pendant ce temps, à savoir au moins 6 semaines, la femelle ne mangeait pas mais restait toutefois active! Une fois les tétards devenus grenouilles, les petits étaient régurgités par la mère dans un processus qui pouvait durer jusqu'à quelques jours.

 

Récemment, les scientifiques Australiens de l'Université de la Nouvelle-Galles du Sud ont déclaré être sur le point de redonner vie à R. silus, une des deux espèces du genre, grâce à la technique de transfert de noyaux de cellules somatiques.

Les scientifiques ont récupéré des oeufs d'une grenouille toujours existante (Mixophyes fasciolatus), ont supprimé les noyaux de ces cellules et les ont remplacé par les noyaux contenant les gènes de R. silus, extraits des tissus préservés au congélateur depuis 40 ans. Certains oeufs ont alors débuté leur processus de division normal. Si les embryons n'ont toutefois pas survécu plus de quelques jours, des tests génétiques ont bien montré que le génome de R. silus était présent dans les oeufs. Cette observation conforte les scientifiques dans l'idée qu'ils sont très proches de parvenir à faire renaître R. silus par cette technique.

Le professeur Mike Archer, chef de ce projet intitulé "Lazarus" a déclaré : "Nous avons démontré l'espoir qu'est cette technologie en temps qu'outil de conservation dans un contexte actuel où des centaines d'espèces d'amphibiens sont en déclin".

 

Chacun jugera alors s'il semble plus pertinent de rendre réel le rêve de Spielberg de redonner vie à des espèces disparues, ou s'il vaut mieux s'attacher à préserver les espèces encore présentes, constamment menacées par les activités humaines responsables de la pollution et la destruction de leurs habitats...


 

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